News 5 - SouffranceVXiXtXaXmXiXnXeXCXMXS-2007-10-26 20:09:59 La Souffrance au travail ... comprendre pour agir
Le 4 octobre dernier s’est tenue la première des trois conférences sociales relatives à « l’amélioration des conditions de travail » voulues par le gouvernement. De ces échanges entre le ministère du travail et les partenaires sociaux apparait comme priorité, la prise en compte de la souffrance psychique au travail. Il est question en particulier de l’évaluation de cette souffrance par la création d’un « indicateur du stress » et de son traitement par la mise en place de « modalités d’alerte, d’écoute et de médiation » avec une ambition opérationnelle affichée pour début 2008. Dans une année marquée par la médiatisation des suicides au sein de grandes entreprises, ces conférences visent donc la proposition de mesures concrètes pour lutter contre la souffrance au travail.
Derrière ce terme générique on distingue différents risques psychosociaux, avec des étiologies variées et des conséquences multiples, intervenant sur les champs somatiques, psychologiques, professionnels et privés. Risques psychosociaux : - Stress dépassé et chronique - Epuisement professionnel - Syndrome psychotraumatique Etiologies possibles : Accidents graves et mortels, manque de dialogue, agressions verbales et/ou physiques, plans sociaux, objectifs non réalisables, surcharge de travail, conflits hiérarchiques, discriminations de toutes sortes, manque de reconnaissance, restructuration, dégradation des conditions de travail, surinvestissement du travail… Conséquences possibles : - somatiques : troubles musculo-squelettiques, troubles du sommeil, troubles alimentaires, douleurs, développement de pathologies (asthme, ulcères…)… - psychologiques : dépression, anxiété, troubles phobiques, modification sensibles du comportement (irritabilité, repli sur soi, difficultés relationnelles…), exclusion sociale, addictions, développement de psychopathologies… - professionnelles : perte de motivation, troubles de la concentration, fautes professionnelles, accidents du travail, absentéisme... - privées : désinvestissement des activités de loisir, conflits familiaux… NB : Le harcèlement moral n’est pas une pathologie, mais un comportement mis en place par un certain type de personnalité et pouvant entrainer des conséquences très graves pour la personne harcelée.
Au-delà des difficultés et des drames qui se nouent individuellement, la souffrance au travail représente un coût élevé pour l’entreprise et la société. Une étude française de 2000 la chiffrait à environ 830 millions d’Euros par an (Bejean, Trontin, 2003). Au niveau européen, une estimation élève ce chiffre à 20 milliards d’Euros par an, avec comme constat que le stress serait à l’origine de 50 à 60% de l’ensemble des journées de travail perdues (European Agency for Safety and Health at Work, 1999).
La Commission Européenne pointe la problématique de la souffrance au travail comme prioritaire dans le rapport du 21 février 2007 définissant la « Stratégie communautaire 2007-2012 pour la santé et la sécurité au travail ». Ce rapport alerte notamment sur l’ampleur grandissante de cette souffrance dans les organisations. « Les problèmes liés à une mauvaise santé mentale constituent la quatrième cause la plus fréquente d’incapacité au travail. L’OMS estime que, d’ici 2020, la dépression deviendra la principale cause d’incapacité de travail ». Comme « l’Accord-cadre sur le stress au travail » signé en 2004, il incite à la prévention de cette souffrance par la mobilisation d’experts externes et la sollicitation, notamment pour les PME du fond social européen. Il rappelle enfin l’importance et l’efficacité de la prévention : « les entreprises qui investissent dans la protection de la santé de leurs travailleurs à travers des politiques de prévention actives obtiennent des résultats mesurables : réductions des coûts dus à l’absentéisme, diminution de la rotation du personnel, satisfaction plus élevée des clients, augmentation de la motivation, amélioration de la qualité et meilleure image de l’entreprise ». Plus généralement, l’article 230-2 du code du travail prévoit que les entreprise prennent les « mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs […]. Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques professionnels, d'information et de formation ainsi que la mise en place d'une organisation et de moyens adaptés». Or, selon une enquête récente (IFOP pour le groupe Médéric – Malakoff ; 2007) : - 58% des entreprises n’ont pas mis en place de mesures concrètes de prévention. - Seules 33% des entreprises se sentiraient concernées par le stress au travail.
Les institutions militaires ont été les premières organisations à avoir saisies les enjeux tant opérationnels qu’humains de la souffrance au travail. Enonçant la demande de sacrifice potentiel de la vie et confrontant quotidiennement leurs personnels à la misère et à la détresse humaine, ces institutions ont mises en place des structures psychologiques visant à prévenir mais aussi à soulager la souffrance générée par l’activité professionnelle. Cependant, les risques psychologiques professionnels ne sont pas l’apanage des professions dites à risques, où les salariés affrontent la violence et la mort. Toute organisation est concernée par la prise en compte de la souffrance psychique engendrée par le travail et dont les causes peuvent être extrêmement variées et les conséquences dévastatrices. Face à l’obligation de protection de la santé physique et mentale des salariés, l’entreprise n’est pas seule. Le psychologue peut apporter des solutions concrètes et personnalisés dans la prévention et la gestion de la souffrance au travail. En outres, en œuvrant pour la prise en charge de la souffrance au travail, l’entreprise conjugue une double ambition, favoriser son activité et faire du lieu de travail, un lieu d’épanouissement pour ses salariés.
- Commission au conseil et au parlement européen (2007). « Améliorer la qualité et la productivité au travail : stratégie communautaire 2007-2012 pour la santé et la sécurité au travail », http://ec.europa.eu/employment_social/emplweb/news/news_fr.cfm?id=209 - Bejean ; Trontin (2003). Notes scientifiques et techniques de l’INRS, stress au travail : diagnostic, évaluation, gestion et prévention, http://www.inrs.fr/htm/stress_travail_diagnostic_evaluation_gestion.html - European Agency for Safety and Health at Work (1999). The economic effects of occupational safety and health in the Member States of the European Union, Bilbao, European Agency, http://osha.europa.eu/press_room/020702.xml?set_language=bg - INRS dossier le stress au travail, http://www.inrs.fr/htm/le_stress_au_travail.html - Enquête IFOP pour Médéric –Malakoff (2007) http://www.mederic.com/site/-f_3bbdc0f4bce0b7d8-a_f0409c3a5d7fa691/Institutionnel/Presse-et-communication/Communiques-de-presse/Bien-etre-des-salaries---ou-en-sont-les-DRH--.htm |
![]() Intervention sur site en France et à l'étranger 7j/7 et 24h/24
|


