Accompagnement de deuilVXiXtXaXmXiXnXeXCXMXS-2007-10-26 20:09:59
La perte d'un collaborateur peut être difficile à gérer au sein de l'entreprise selon les circonstances du décès et l'investissement affectif dont le défunt faisait l'objet. Dans certaines situations, ces facteurs peuvent complexifier le processus de deuil et générer des souffrances importantes pour ceux qui restent. Des problématiques liées au décès apparaissent :
Le décès d'une personne nous renvoie systématiquement à la possibilité de notre propre mort. Il vient réactualiser cette vérité que nous occultons le plus souvent et qui nous protège en nous permettant de faire des projets et de nous projeter dans l'avenir... Certains manifestent cette identification par des recherches de similitude entre eux et le défunt :"on avait le même âge", "on a commencé en même temps"... D'autres en se focalisant sur ce qu'ils imaginent de la douleur de la famille ou la réaction de la direction, imaginent comment cela se passerait pour eux et dans leur propre famille...
Dans le cadre d'accident notamment, il n'est pas rare d'entrendre des propos tels que "je travaillais là quelques minutes avant lui", "ça aurait pu être moi"... au delà de l'identification et de la peur de mourir, se trouve aussi la culpabilité à être sauf, de ne pas être blessé, là où un collègue est décédé.
Lorsque le décès survient sur le lieu de travail, ce n'est plus seulement la fantasmatique de la mort qui est activée mais aussi sa dimension de réalité. Avoir vu le corps mort, les tentatives de réanimation (souvent très impressionnantes), les plaies, le sang... Toutes ses visions peuvent générer des souffrances intenses qui prennent des formes diverses : cauchemars, images persistantes, voire symptomatologie de type traumatique.
Le décédé laisse un vide. Cependant, ce vide est comme rempli par sa présence, son souvenir. Ainsi, la réorganisation de l'espace de travail est souvent redoutée. Qui pourra s'approprier le bureau, le véhicule, le matériel, l'armoire, les dossiers du décédé? Se pose ainsi la question d'effacer les traces du défunt, de le remplacer.
Face à un décès en entreprise, il est important de veiller au : respect de la mort : laisser la possibilité de cesser le travail, de se réunir... respect du défunt : son corps, ses effets personnels, sa famille... temps de symbolisation : donner la possibilité progressivement aux collaborateurs de désinvestir le défunt en lui rendant hommage : enterrement, quête pour la famille, fleurs... afin de pouvoir faire le deuil de cette personne.
Les interventions dans le cadre de groupe de deuil permettent de rompre la chape de plomb qui pèse sur les collègues survivants. Le fait que l'entreprise réagisse permet de signifier ce que la personne décédée représentait, et qu'il est important de prendre en compte cet événement grave. A l'inverse, quand l'événement n'est pas pris en considération par la direction, il n'est pas rare qu'un climat de tension s'installe. La coordination avec la médecine du travail permet de relever une recrudescence significative des arrêts de travail dans cette période et une fragilisation générale des salariés. |
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